L’interprétation des rêves, un siècle après Freud

L’interprétation des Rêves, un siècle après Freud

Plus d’un siècle après L’Interprétation du rêve, le moment est venu de revisiter l’héritage freudien avec exigence, curiosité et esprit critique. Ce livre explore l’évolution de l’analyse onirique, de Freud et Jung à aujourd’hui, en confrontant les grands apports théoriques aux limites qu’ils continuent de poser dans la pratique clinique.

Tristan Moir y développe une méthode originale d’interprétation du rêve, fondée sur une connaissance fine de son langage et de ses mécanismes. Elle propose une lecture novatrice du rêve de l’ « homme aux loups », mythe fondateur de la psychanalyse, dont elle révèle les zones d’ombre et les raccourcis interprétatifs.

Un ouvrage qui interroge, déconstruit et reconstruit, pour rendre au rêve toute sa puissance thérapeutique.

Freud savait-il réellement interpréter les rêves ?

Plus d’un siècle après L’Interprétation du rêve, le moment est venu de revisiter l’héritage freudien avec exigence, curiosité et esprit critique. Ce livre explore l’évolution de l’analyse onirique, de Freud et Jung à aujourd’hui, en confrontant les grands apports théoriques aux limites qu’ils continuent de poser dans la pratique clinique.

Cette première partie de l’ouvrage est une mine d’or pour intégrer les apports freudiens et jungiens et comprendre les mécanismes de l’interprétation du rêve, des fondements psychanalytiques à la compréhension la plus actuelle du langage des rêves.

Tristan Moir développe ici une méthode originale et très structurée d’interprétation du rêve, fondée sur une connaissance fine de son langage et de ses mécanismes.

En seconde partie, l’auteur propose, au travers de sa méthode, une lecture novatrice du rêve de l’ « homme aux loups », mythe fondateur de la psychanalyse freudienne, dont elle révèle les zones d’ombre et les biais interprétatifs.

Un ouvrage qui interroge, déconstruit et reconstruit, pour rendre au rêve toute sa puissance thérapeutique.

Extrait :

Le nom du père : doctrine et enchantements

Le ralliement aux fondements, s’il est un passage nécessaire à la construction et à l’instruction, est juste une étape. Nous avons évidemment besoin d’apprendre et de nous référer au savoir et à la pensée des hommes qui nous ont précédés, ceux qui ont réfléchi, transmis et structuré la pensée de leur époque, ceux dont les idées font partie maintenant de notre culture. Cette base solide permet de nous construire. Elle est, normalement, un tremplin pour s’élancer dans la vie afin que celui qui évolue puisse y trouver sa juste place ainsi que son identité véritable et sa propre autorité.

Être freudien ou jungien est rassurant pour soi, mais aussi pour les consultants qui ont besoin de références « sérieuses » et, dans ce sens, bon nombre de praticiens affichent leur obédience et leur parcours. Heureusement, beaucoup savent aussi être eux-mêmes pour être encore plus efficaces pour les personnes qu’ils reçoivent. Mais c’est un chemin difficile et la tentation est grande de vénérer toujours un maître, au risque de stagner dans le confort de la pensée toute faite avec des schémas préétablis ; il est plus simple de rêver que de s’éveiller. Cette fixation sera plus forte si la pensée-doctrine reste nébuleuse, ce qui est le cas quand elle n’est pas métabolisée, c’est-à-dire ni bien comprise ni intégrée ; elle ne sera alors qu’une simple culture, mais pas du savoir, tout autant que génératrice d’un état vibratoire intellectuel particulier, une attente euphorique de la révélation tout en l’évitant inconsciemment.

Heureusement, les exégètes sont là et officient, perpétuant la tradition en pratiquant une relecture des textes fondateurs, en les augmentant ou en les réinterprétant – faute de pouvoir interpréter le rêve – avec plus ou moins de bonheur… et de complexité… Ainsi, pour les sectateurs zélés de la psychanalyse, tous ceux qui se présentent comme les continuateurs de « la parole du père » peuvent être perçus comme les précieux référents du référent ; ils vont permettre de continuer de vénérer et de rêver, surtout s’ils rendent la doctrine encore plus mystérieuse et inintelligible. Si ce constat peut être rebutant pour quelques-uns, il est, au contraire, propice à l’éblouissement pour d’autres. Dans ce sens, le hâbleur habile peut apparaître comme le maître de l’esprit, capable de générer alors un trouble fascinant chez le récepteur par un phénomène de mystification intellectuelle euphorique. Ainsi, certains de ceux qui révèlent « la parole du père » invitent à une sorte d’exultation de la révélation à venir ; le cerveau s’observe lui-même dans une complexification intellectuelle, parallèle et suppléante à l’abstraction spirituelle. L’état vibratoire psychique ainsi créé peut mener certains jusqu’à la sacralisation du zélateur-rhéteur, celui qui est capable d’embrouiller un auditoire ou un lectorat porté à s’émerveiller. Oui, beaucoup sont toujours désireux au fond d’eux-mêmes qu’on les fasse encore rêver, ce qui peut se produire aisément tant l’esprit est parfois enclin à confondre complexification avec explication et enfumage avec décodage.

Dans l’évitement, le mental peut s’emparer de la matière onirique pour la complexifier en la détournant subséquemment de son sens simple et de sa fonction de communication de soi à soi. Le verbe et le discours ont le pouvoir d’agir sur le cerveau avide en l’entraînant dans une hyperactivité mentale excitante et fascinante. Paradoxalement, cette tendance peut provoquer une forme d’induction hypnotique plongeant le sujet dans un état proche du sommeil paradoxal. Littéralement, certains auraient donc la capacité de nous faire rêver, nous faisant osciller entre les ondes thêta et les ondes alpha après nous avoir soumis à un flux d’ondes gamma[1] par un phénomène de synchronisation des ondes cérébrales dû à une stimulation auditive. Cela peut aller jusqu’à la mystification-jubilation lorsque l’auteur ou l’orateur produit le summum du langage complexe avec moult néologismes. Cette forme d’excitation mentale nébuleuse peut être addictive, semblable au phénomène de la sapiosexualité, l’excitation sexuelle générée par l’intelligence extérieure. Plus le discours sera verbeux et pompeux, plus il fera frissonner de plaisir les matrices cérébrales passives, faisant se courber de respect les intellectuels et ratiocineurs de la pensée virtuelle. Le « maître » en ce domaine est là quand, pouvant envoûter les esprits dévots avides d’élévation et de mots complexes érudits, il crée un brouillard fascinant chez tous ceux qui cherchent le savoir et un mentor, tous les forclos d’eux-mêmes par les « non » du père. Dans la quête du père spirituel amène, nous pouvons être plus subjugués par l’opacité que la clarté et plus par le flou que la netteté, malheureusement, enclins que nous sommes tous à l’admiration et à la dévotion par inclination.

C’est une constante pénible chez beaucoup d’auteurs psychanalystes que de produire un langage abscons, élitiste et hermétique, illisible à souhait aux non-initiés. Cette tendance corporatiste se retrouve, hélas, dans bien d’autres domaines, et plus on va vers les sciences humaines et sociales, plus elle tend à s’accentuer ; le langage savant doit échapper au sens commun et à l’ordinaire des foules. Ainsi, on peut se laisser envoûter par les méandres tortueux d’un discours amphigourique, encore plus sibyllin que le rêve, qui semble nous surpasser quand il nous dépasse.

Il est vrai, cependant, que les méandres de l’esprit sont tortueux, difficilement pénétrables, et qu’il faut parfois user de complexités labyrinthiques pour l’investiguer dans ses replis, mais la valeur thérapeutique d’un verbiage boursouflé reste contestable. D’une façon générale, le langage complexifié est révélateur de résistances et son usage peut agir davantage comme un amplificateur de névroses. Ainsi, rappelons la citation de Boileau : « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément. »[2]. C’est ainsi que fonctionne le rêve ; c’est le langage le plus simple, d’une simplicité telle que nous en avons perdu l’usage.

[1] Rythme cérébral mesuré par électroencéphalogramme (EEG) :

Ondes delta : entre 1 et 4 Hz, sommeil profond,

Ondes thêta : entre 4 et 8 Hz, sommeil paradoxal (moment de l’activité onirique la plus importante), somnolence,

Ondes alpha : entre 8 et 12 Hz, méditation, conscience apaisée, endormissement,

Ondes bêta : entre 12 et 35 Hz, état de veille, activité mentale normale,

Ondes gamma : entre 35 et 80 Hz, activité mentale intense.

[2] Dans ce sens, nous ne pouvons que louer le travail de Pierre Daco qui est d’une clarté remarquable dans ses ouvrages, très accessible, et offrant un outil psychologique véritablement thérapeutique. Son langage et sa pensée sont très compréhensibles, même si cette pensée est parfois encore empreinte de paternalisme vis-à-vis du féminin, un reliquat de son temps. Son approche de l’interprétation du rêve est très pertinente aussi, dans la lignée de Jung, sans être jungien.


Pour ceux qui dénigrent l’interprétation analogique et spontanée du rêve…

Extrait de « Mieux se connaître grâce à ses rêves »

Se connaître soi-même (1)

Le rêve est avant tout une plongée en soi-même, une connexion avec l’Inconscient, une réimmersion en soi et dans sa nature fondamentale. Chaque nuit, par le biais du rêve, nous nous reconnectons avec cette source identitaire première, en relation avec notre désir de vie originel afin de devenir des êtres uniques, conscients de notre place, c’est à dire inscrits dans un ensemble, en interaction avec les autres et le monde. Plus nous tendons à devenir nous-même, meilleure est notre relation aux autres, par l’affirmation de notre différence légitime et par l’empathie naturelle qui nous relie aux autres. Le message du rêve, s’il est entendu permet de mieux nous connaître. Ainsi, le rêve nous permet d’être en accord avec cette inscription qui ornait le fronton du temple de Delphes, reprise par Socrate et Platon : « Connais-toi toi-même [1] ». Plus nous nous connaissons, moins nous nous confondons avec l’autre et mieux nous le discernons. Plus nous nous connaissons, mieux nous pouvons trouver notre place et comprendre le monde qui nous entoure et l’habiter. Ainsi le rêve permet de ne pas être trop influencé par le monde extérieur ni par les croyances de tous ordres. La connaissance de soi permet l’affirmation de soi et de ne pas être ainsi le reflet projectif des autres, mais d’être en relation réelle avec notre propre identité ; chacun de nous est un être unique.

Si le rêve contient des informations et des données intrinsèques à notre véritable nature, il contient aussi des scories ainsi que des traces de pollutions d’éléments exogènes qui ne nous appartiennent pas. Ils sont donc supplémentaires et s’opposent souvent à notre épanouissement et à l’expression de notre désir de vie. Ce désir doit être nourri par l’environnement et non pas être pollué par celui-ci. Le rêve contient toutes ces informations et c’est le plus fréquemment un conglomérat où se superposent les données positives intrinsèques à l’individu et des données négatives. Pour la plupart, les données négatives sont des éléments venus de l’extérieur, donc des données acquises, mais il peut s’agir aussi de pulsions naturelles, donc innées, mal gérées. Les données négatives peuvent être aussi des éléments culturels ou éducatifs erronés, ou bien qui ont été mal transmis et donc mal compris et mal interprétés altérant ainsi nos comportements. L’observation du langage du rêve permet de distinguer ces informations et, en les isolant, de travailler dessus ensuite afin de les corriger ou de les effacer. Plus nous pourrons déceler et isoler le négatif pour l’expulser, plus le rêve va révéler nos qualités et potentiels.

D’autre part, en raison de contraintes extérieures, il n’est pas rare de masquer, en les refoulant partiellement ou totalement, des aspects importants de notre personnalité. Or, ceux-ci vont apparaître de façon voilée dans nos rêves puisqu’ils perdurent à l’état latent dans l’Inconscient. Ils vont émerger par des images symboliques précises et des paradigmes exposés et contenus dans le récit du rêve. L’observation et la focalisation sur ces points positifs vont permettre de mieux les développer et de les affirmer si nous ne nous autorisons pas à les exprimer.

L’observation méticuleuse et la compréhension précise de tous les éléments du rêve et de sa substance permettent un processus psychanalytique méthodique et efficace : travailler sur un composé comme le rêve, pour séparer par l’analyse ses différents éléments. Cette distinction permet de sélectionner et ne garder que ce qui est intrinsèque au psychisme de l’individu avec l’apport de ce qui l’augmente de façon positive. L’interprétation du rêve, par la grille de lecture de son langage, permet de comprendre le message onirique objectivement et d’être le plus juste possible. La révélation de nos potentiels et des causes profondes de nos malaises ou blocages par l’écoute et l’interprétation du rêve, alliée à la connaissance des fonctionnements psychiques, fait de l’interprétation du rêve un véritable outil psychothérapeutique. Ainsi, l’écoute et la compréhension du message onirique permettent une action thérapeutique efficace et rapide, bien plus que la psychanalyse traditionnelle. Et cette approche thérapeutique du rêve ne date pas de la psychanalyse ; elle est bien plus ancienne comme nous l’avons vu avec le rêve somatique ou le rêve d’incubation.

Pour les ignorants, les sceptiques et les passéistes

Un langage véritable

Il est malheureusement encore fréquent chez beaucoup de psys de dénigrer tous sens précis et signifiant aux images des rêves. Nouveaux iconoclastes, ils refusent la notion de symboles universels et d’Inconscient collectif. Lors, ils proclament qu’il est puéril de penser qu’il puisse y avoir une grille de lecture permettant d’interpréter un rêve sans le recours à l’histoire personnelle du rêveur et sans passer par la méthode associative ; toute lecture du rêve directe serait insane et œuvre de charlatan. Cette réflexion qui se veut progressiste est en réalité fortement réactionnaire et obscurantiste ; c’est la réflexion que pourrait se faire un béotien devant un tableau rempli de formules mathématiques ; elles sont parfaitement incompréhensibles pour un profane qui ne maitrise en aucun cas le langage de l’algèbre parce qu’il ne l’a pas appris. C’est donc là le mépris des sots que de dénigrer ce qu’ils n’entendent pas, ne l’ayant point étudié, et un ostracisme intellectuel, de la xénophobie pure et simple à l’encontre de ce qui n’appartient pas à leur pré carré.

A leur décharge, il faut avouer qu’il est difficile de se repérer dans le fatras d’interprétations possibles du rêve, tant la pluralité de celles-ci divergent ou sont nébuleuses. Les clefs des songes populaires ne plaident pas en faveur d’une grille de lecture respectable tout comme les anciens traités d’interprétations prédictives. Ajoutons à cela que de réels charlatans continuent de s’approprier le rêve par des interprétations douteuses, le dénaturant à leur profit, répondant en cela à une demande indubitable de mystification du public qui préfère qu’on le fasse rêver avec le rêve plutôt que de “dérêver” en entrant dans un sens concret qui remet en cause la personne et l’oblige à grandir. Ainsi le rêve peut être encore un vecteur d’obscurantisme et le support de la pensée magique.

Si aujourd’hui, beaucoup sont animés par une volonté de sérieux et que se met en place une observation scientifique des mécanismes du rêve, certains pourraient vouloir s’approprier les terres encore inconnues du rêve, au nom de la science. Les nombreuses nouvelles publications traitant du sujet n’aident pas toujours au discernement par le manque de concertation entre les différentes écoles et par manque d’esprit collégial. De son côté, la presse actuelle n’est jamais avare d’un article révolutionnaire sur les récentes découvertes quant au rêve. Elles ne sont, hélas, bien souvent que le reflet des opinions de leurs auteurs ou alors des resucées d’idées déjà exprimées et réappropriées. Toutes ces digressions et affirmations sont généralement péremptoires et contradictoires entre elles, n’apportant rien de neuf à la connaissance du phénomène. S’il est très difficile de traiter scientifiquement un domaine aussi complexe que la psychologie, ça l’est davantage encore pour le domaine du rêve. La cartographie de celui-ci est-elle possible ou doit-il rester un domaine inaccessible et mystérieux qui continue de faire rêver ? Toute perspective d’académisme semble donc impossible à moins de définir véritablement la structure du langage du rêve et de transmettre cette connaissance dans un cadre universitaire.

Aujourd’hui, le rêve semble être encore l’objet de la toute-puissance de ses explorateurs et cartographes ou de ses détracteurs, les zélateurs des hautes chapelles intellectuelles de la psychanalyse rétrograde et patriarcale. Devant leur refus catégorique et condescendant quant à une grille de lecture possible du rêve ou le dénigrement d’un sens à celui-ci, et si nous nous référons à la théorisation freudienne, il s’agit d’un processus mental de déni, le déni [2] étant une forme de psychorigidité. Dans le langage lacanien, ce déni de sens universel du rêve serait un mécanisme de défense que le patriarche nomme la forclusion ; beaucoup auraient peur d’être dévoilé et découvert sans phallus psychique [3] et donc sans puissance réelle, mais avec le phallus emprunté au père de substitution, s’il s’avérait que le rêve est porteur d’un message précis et signifiant pour une oreille exercée. Symétriquement et paradoxalement, cette attitude peut être mise en parallèle avec la pensée magique, celle qui veut pouvoir encore rêver autour du rêve ne voulant pas qu’il soit vraiment démystifié. Idem pour la pensée superstitieuse qui le craint ou pour le phénomène d’appropriation de ce domaine par certains scientifiques. Qu’il s’agisse de déni, d’appropriation ou d’un désir de mystification, c’est une forme de toute-puissance psychique, les adeptes de ces trois positions préférant rester attachés au principe de plaisir fantasmagorique – régressif et donc névrotique par définition – plutôt que d’affronter le principe de réalité,celle que révèle le rêve.

L’interprétation directe du rêve, grâce à son langage, est une première grille de lecture qui donne des informations précises, allant droit au but. La reconnaissance de ces points surlignés par l’interprétation et validés par le rêveur permet ensuite une élaboration et un dialogue entre le patient et le praticien. Cet échange précis vient confirmer et surtout clarifier les éléments révélés pour mieux les comprendre et les dépasser s’ils étaient source de blocage ou de malaise. L’interaction rêveur/interprète est productive et parlante, l’interprétation du rêve agissant comme un amplificateur et permettant d’accélérer le processus thérapeutique.

[1] « Gnothi seauton » : « Connais-toi toi-même », inscription sur le temple d’Apollon à Delphes. La suite : « et tu connaitras l’univers et les dieux » est un ajout postérieur d’origine inconnue.
[2] Déni : dans le langage freudien, refus de prendre en considération certains éléments de la réalité, de faire comme s’ils n’existaient pas, alors que ceux-ci sont perçus.
[3] Le phallus psychique ou symbolique est la colonne vertébrale de la construction psychique de l’enfant.

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Les symboles du rêve

Tous nos rêves sont emplis d’images nombreuses, mais récurrentes, qui sont communes à toute l’humanité. Ces images – ou symboles – peuvent être envisagées comme étant porteuses d’un sens fixe, qui que nous soyons, et donc articulées dans un langage qui peut être déchiffré ou interprété. A ce moment, le moment du rêve apparaît comme un moment privilégié de perceptions différentes, de connexion avec soi et une dimension au delà, le moment où l’inconscient individuel rejoint l’inconscient collectif.

L’inconscient collectif est un fond commun d’informations et de données, les archétypes qui donnent sa dynamique au psychisme humain. C’est aussi une somme de connaissances stockées sous forme de symboles issus d’une histoire antérieure à l’homme, celle de sa préhistoire, puis celle de son histoire – passée ou contemporaine – et enfin celle d’une histoire en gestation.

Si cet inconscient collectif existe, le rêve permet donc de s’ouvrir à une dimension beaucoup plus vaste que celle du psychisme individuel. Chaque homme peut ainsi se relier chaque nuit à cette somme de connaissances et de directions qu’il capte sous leurs formes d’archétypes et de symboles avant de les ressentir avec sa propre sensibilité. Les symboles peuvent être alors perçus comme des mots précis dont la connaissance est cependant nécessaire pour en comprendre le sens. Ce sens est très simple, mais toujours analogique, bien qu’il semble peu apparent. Il est régi par une sémantique comme le langage parlé. C’est la mise en présence des symboles d’un même rêve qui permet de dégager un sens fixe.

Les images du rêve sont des symboles qui possèdent un sens caché mais fixe

Il ne faut donc pas les envisager au pied de la lettre ni leur accorder le crédit que la tradition populaire veut bien leur prêter.

Exemple : Les rêves de chute de dents sont très fréquents. Selon nos grands-mères, perdre ses dents est prémonitoire de la perte d’un être proche. Cette interprétation, si elle était juste, ne nous apporte pas grand-chose à un niveau personnel. C’est toujours cette approche personnelle qui doit être retenue. A ce moment, le rêve est un avertissement qui nous concerne. L’expérience et l’observation permettent de déchiffrer le rêve autrement. Celui qui rêve qu’il perd ses dents est, au moment du rêve, en perte de vitalité. Il doit donc être dans une période de surmenage et de stress qui l’épuise. Littéralement, il perd ses forces et son appétit de vivre. Si cette fatigue devait se prolonger, elle conduirait à une dégradation physique.

Autre exemple : La maison est une image onirique fréquente. Si la vision de la maison n’a que peu souvent de rapport avec notre lieu d’habitation, c’est qu’elle symbolise autre chose. En effet, en rêve, c’est d’abord nous-même qu’elle représente, notre dimension psychique, l’espace intérieur que nous habitons. Son apparence, le nombre de pièces, ses ouvertures sur l’extérieur, sa décoration, tout cela est représentatif de notre réelle dimension intérieure ainsi que de l’aspect que nous offrons aux autres (la façade peut représenter notre apparence). Chaque pièce est liée à une fonction particulière de notre psychisme. Les pièces que nous découvrons en rêve sont autant d’espaces intérieurs auxquels nous accédons. Les étages représentent nos différents niveaux de conscience.

 

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