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Le choix du vaccin

Comme je l’ai déjà fait auparavant, je vous propose une analyse-interprétation d’un rêve qui a été vu et travaillé en groupe lors des ateliers E.V.E.R que j’anime, le premier de cette année. C’est une démonstration de l’observation méthodique du langage du rêve permettant de produire une interprétation parlante. C’est en raison du thème que je vous propose ce rêve à la lecture, en plein dans l’actualité. L’analyse-interprétation que j’ai faite se fonde principalement sur le texte, avec très peu d’associations de la rêveuse. C’est d’abord une analyse, donc les développements sont très longs, mais ils pourraient l’être davantage, l’observation de la structure du langage du rêve révélant nombres d’aspects importants de la psyché de chaque rêveur.

Comme chaque interprétation que j’élabore, je la fais en suivant la découpe syntaxique du texte du rêve. Voici ce rêve :

Rêve d’Alice du 28/08/2021 : Le choix du vaccin

Je suis en vacances avec Axel (mon fils ; il a son âge actuel, 15 ans). On se prépare pour aller à la piscine. Nous sommes dans un bâtiment dans le hall, spacieux avec plafond bas, intérieur bois marron claire, chaleureux, avec de la lumière naturelle extérieure. J’ai un maillot de bain blanc et je vois que mes règles sont arrivées.

Axel me dit : « Je vais me faire vacciner. »

Je me dis qu’il est grand et que je ne vais pas m’opposer à sa décision ; je le laisse faire ce qu’il a décidé.

On se dirige vers l’infirmerie et on croise la femme du labo qui nous a fait des tests antigéniques dans la réalité.

Axel lui dit : « Ce n’est pas pour un test. »

Je me dis : chouette, elle est douce et ne lui fera pas trop mal.

Mais c’est une autre femme qui va faire la piqûre.Je laisse Axel aller voir cette femme de 50-60 ans qui a les cheveux et visage gris claire (cheveux et visage de la même couleur ; on ne voit pas trop le passage visage cheveux). Elle le pique sur l’épaule droite. Je suis à 6-7m. Axel a mal et gémit de douleur. Je le prends dans mes bras et lui masse le dos. Je me dis : ça y est, ce produit est dans son corps. Je dois lui faire des soins énergétiques pour augmenter son taux vibratoire pour qu’il supporte bien la piqûre. J’entends comme une voix venant d’un haut parleur : « Axel a une fragilité au niveau de l’enveloppement maternel ».

Je demande à la femme « grise » qu’elle est le vaccin et je vois AstraZeneca. Elle me dit : « Ce vaccin a un effet androgène et œstrogène. » (Je ne me rappelle pas les deux mots exacts. Dans le rêve, je comprends qu’il s’agit de l’hormone masculin et l’hormone féminin). Moi je lui réponds :

– Vous en pensez quoi de la vaccination ?

– Je n’y connais rien ; je mets juste des piqûres, me dit-elle.

– Ah !? Sans savoir ce que vous injectez ?? (Je sens la colère monter en moi.) Si c’était aussi grave qu’on nous le dit, il y aurait ¼ de la population qui serait mort.

Je m’interroge sur les conséquences du vaccin sur Axel car je suis inquiète des séquelles dans son corps. Je regarde l’horloge au mur. Il est 15h40. Je me dis : il est bientôt 16h00 et me demande si ça vaut le coup d’aller à la piscine vu l’heure.

Atelier du 19 septembre 2021

Analyse et interprétation du rêve d’Alice au travers du découpage syntaxique

Préambule

Voici un rêve très contextualisé par son actualité. Il retient l’attention tout de suite par la cristallisation des peurs qu’il contient ainsi que par les interrogations et les opinions auxquelles il renvoie ; elles sont le reflet de la pensée actuelle mondiale. La tentation pourrait être forte de le prendre au premier degré, ce qu’il ne faut jamais faire avec un rêve ; il travestit toujours le fond exprimé (le contenu latent) tout en étant en écho avec le propos (le contenu manifeste) par l’intensité des émotions qu’il exprime et véhicule.

EXPOSITION 1 : Je suis en vacances avec Axel (mon fils ; il a son âge actuel, 15 ans).

Si Alice se ressent comme libre (elle est vacante), elle pourrait former encore un couple avec son fils. Or, ce dernier a 15 ans, son âge réel actuel, et, à cet âge, un adolescent est plutôt en phase de rejet/opposition à ses parents. Lui aussi serait en état de vacances, deux solitudes qui se soutiennent ou se tolèrent.

Intention : On se prépare pour aller à la piscine.

L’intention est pourtant de se nettoyer en s’immergeant dans cette problématique dans laquelle ils baignent. Sur un plan plus symbolique, la piscine symbolise un domaine spirituel ou le bassin de la mère universelle.

Reprise EXPOSITION 1 : Nous sommes dans un bâtiment, dans le hall, spacieux avec plafond bas, intérieur bois marron claire, chaleureux, avec de la lumière naturelle extérieure.

Si nous nous fions au décor, cette dimension spirituelle est plutôt bien cadrée, chaleureuse, mais restreinte par un plafond dans son élévation.

Le plus souvent, les bâtiments que nous visualisons en rêve représentent notre construction intérieure, le moi psychique. S’il s’agit du psychisme de la rêveuse, celui-ci est plutôt vaste et bien structuré, accueillant, nature et lumineux aussi. Si le bois est un élément masculin – une structure qu’elle a développée – Alice lui donne une touche féminine avec la faute d’accord.

Observation : J’ai un maillot de bain blanc

Ici, nous pourrions dire qu’elle revendique même cette féminité et l’expri­me par le port du maillot. La blancheur de celui-ci pourrait bien confirmer qu’elle est vacante depuis quelque temps et qu’elle s’est refait une virginité.

Constat 1 : et je vois que mes règles sont arrivées.

Oui, Alice est bien une femme et l’exprime. La tournure de la phrase peut laisser songer qu’elle attendait cette expression de féminité, qu’elle n’avait jamais vraiment été femme ou qu’elle ne l’était plus depuis sa maternité.

Déclaration : Axel me dit : « Je vais me faire vacciner. »

L’enchaînement des deux phrases est une parataxe (causalité émotionnelle sous-jacente entre les deux assertions), donc une réaction émotionnelle du fils-homme face à sa mère, un rejet.

Dans un premier temps, nous pourrions donc penser que le fils veut se prémunir contre cette féminité, qu’il ne veut pas qu’elle provoque chez lui la maladie d’amour ; 15 ans, c’est un peu tard pour un œdipe. 

Dans un second temps, il est possible que cette décision fasse référence à la valeur symbolique de la piqûre ; celle-ci représente l’action masculine pénétrante, celle qui injecte des principes masculins bénéfiques, même si l’action est perçue comme intrusive et exogène à la nature première humaine (dans le ventre de la mère, le fœtus se développe d’abord comme une fille. Ce n’est qu’à partir de la sixième semaine que les gènes Y masculins vont devenir actifs et modifier le développement de l’enfant). Ainsi, voyant sa mère (re)devenir femme, Axel chercherait à devenir homme, voulant être, lui aussi, régi par des règles, mais masculines.

Réflexion 1 : Je me dis qu’il est grand et que je ne vais pas m’opposer à sa décision ; je le laisse faire ce qu’il a décidé.

Oui, il est grand et, à 15 ans, les hormones sont en effervescence ; la testostérone bat son plein et commence, normalement, à couler à flot. Nous pouvons noter la bienveillance tolérante de la mère qui ne s’oppose pas à l’émancipation de son fils ni à l’expression de sa nature, même si cette transformation peut être perçue comme contre-nature, ainsi que la rêveuse la ressent ensuite.

NARRATION 1 : On se dirige vers l’infirmerie et on croise la femme du labo qui nous a fait des tests antigéniques dans la réalité.

Heureusement, c’est une femme qui va officier, peut-être même est-ce une projection d’Alice elle-même, celle qui était anti gènes masculins, autrefois.

Déclaration 2 : Axel lui dit : « Ce n’est pas pour un test. »

Notre jeune homme est bien déterminé ; ce n’est pas juste pour essayer ; il veut vraiment se transformer en homme, le devenir et le rester.

Réflexion 2 : Je me dis : chouette, elle est douce et ne lui fera pas trop mal.

Oui, il est bien probable que ce soit une facette de la douce Alice, celle qui n’a pas voulu le faire trop mâle, le fiston.

Constat 2 : Mais c’est une autre femme qui va faire la piqûre.

Fausse joie… Décidemment, Alice ne contrôle plus rien.

Retrait : Je laisse Axel aller voir cette femme

Une nouvelle fois, nous pouvons apprécier la souplesse mentale de la rêveuse qui accepte, bon gré, mal gré, l’impondérable. Nous pouvons aussi entendre, si nous décontextualisons cette phrase, que la mère accepte qu’Axel puisse aller voir une femme et, peut-être même, l’aimer.

Observation 2 : de 50-60 ans qui a les cheveux et visage gris claire (cheveux et visage de la même couleur ; on ne voit pas trop le passage visage cheveux).

Bon, ce ne sera pas celle-ci qui envoutera l’ado, mais est-ce une intello dont la matière grise déborde du crâne, une mentale désaffectée ? Par analogie, Alice voit la grisaille de la figure de sa mère – femme de cette tranche d’âge – fonctionnaire et fonctionnelle, bien désaffectée, qui n’exprimait que peu d’attention maternelle ni aucun désir personnel. Cependant, Alice ne lui ôte pas son identité féminine par l’accord au féminin de claire qui se rapporte pourtant à deux éléments masculins, le visage et les cheveux, et en contrecarrant la règle des adjectifs de couleur composés, invariables. C’est clair. Mais qui est Claire ?

RÉSOLUTION 1 : Elle le pique sur l’épaule droite.

Et voilà ; le mâle est fait ! De façon très réaliste, l’injection est faite sur l’épaule droite, le côté masculin. Le produit va-t-il augmenter la carrure de l’ado et permettre ensuite à la mère de s’appuyer sur l’épaule de son fils ?

EXPOSITION 2 : Je suis à 6-7m.

Alice se tient à bonne distance de la scène, sans doute trop empathique comme le serait une mère qui souffre de voir son petit enfant de 6/7 ans se faire piquer. Le lieu est vaste et permet ce recul. Il est curieux de noter que ce lieu, initialement un bâtiment abritant une piscine, se soit transformé en vaccinodrome avec le personnel idoine. Il est vrai qu’en temps de crise, certains lieux publics assez vastes peuvent être désaffectés et assignés à d’autres fonctions. Ce serait donc bien une crise que traverse le couple mère/fils, mais Alice semble adaptable et, donc, capable de se transformer.

 Réaction 1 : Axel a mal et gémit de douleur.

La puberté et son action physiologique peuvent produire un certain malaise psychologique. On se sent souvent mal dans sa peau à l’adolescence. C’est ce que perçoit sans doute Alice. Il pourrait s’agir aussi d’une réminis­cence, la peur d’être « piquée » de quelqu’un, des blessures d’amour, d’avoir quelqu’un dans la peau et d’en souffrir, comme d’être confrontée à la violence de l’autre, le ou la partenaire. 

NARRATION 2 – Réaction 2 : Je le prends dans mes bras et lui masse le dos.

Nous n’avons aucun doute sur l’attention maternelle bienveillante et aimante de la mère pour le fils. Le massage dorsal pourrait correspondre à une action de dénouement du passé de l’enfant, toutes les tensions qu’il aurait pu accumuler. Elle prépare les épaules de l’homme.

Réflexion 3 : Je me dis : ça y est, ce produit est dans son corps. Je dois lui faire des soins énergétiques pour augmenter son taux vibratoire pour qu’il supporte bien la piqûre.

Ici, nous pouvons entendre deux intentions : tout d’abord, l’acceptation de la montée de testostérone chez son fils et l’accompagnement dans ce sens. Ensuite, semble poindre une inquiétude quant aux conséquences, irré­versibles, de cette mutation due à un agent exogène. L’homme en gestation va-t-il perdre sa nature d’ange et sa connexion avec son pôle féminin, devenant alors trop agressif ou bien, va-t-il devenir un disciple des piqûres, plutôt que d’Epicure qui prône, avant tout, l’évitement de la douleur ?

Observation 3 : J’entends comme une voix (masculine) venant d’un haut parleur :

Est-ce la voix de Dieu qu’entend maintenant la femme, le verbe du père haut dans le ciel ? Ou bien, est-ce son masculin qui s’exprime à l’intérieur d’elle, par mimétisme avec le fils ? 

Annonce : « Axel a une fragilité au niveau de l’enveloppement maternel ».

Ce serait plutôt la voix de son Surmoi qui viendrait stigmatiser son fond de culpabilité et lui reprocher de ne pas être assez enveloppante alors que l’intention d’Alice est de ne plus être castratrice. Néanmoins, le message est ambigu car nous pourrions entendre aussi qu’elle a pu fragiliser son garçon en étant trop enveloppante.

Questionnement : Je demande à la femme « grise » qu’elle est le vaccin

Peut-être est-ce Alice qui est grisée, au vu de la faute de pronom relatif ? Nous pouvons entendre qu’Alice se demande si la femme grise ne pourrait pas être le vaccin. Dans ce cas, elle doit faire un peu camionneur la piqueuse.

Par cette question : « quel est le vaccin ? », nous allons enfin avoir la confirmation que, ce que nous pressentions fortement, nous sommes dans un thème très actuel : la prévention de la covid.

Observation 4 : et je vois AstraZeneca.

Bingo ! Même si AstraZeneca ne produit pas que ce vaccin, cette marque en est presque devenu le symbole tout autant que ce labo stigmatise la crainte des vaccins par ses effets indésirables, voire mortels. Nous compre­nons donc l’inquiétude d’Alice quand, dans son inconscient, testostérone et injection vaccinale dangereuse sont confondues.

Dialogue – Information : Elle me dit : « Ce vaccin a un effet androgène et œstrogène ? » (je ne me rappelle pas les deux mots exacts.

Bon, a priori, l’équilibre féminin/masculin intérieur sera assuré, tout en faisant s’accroître ces deux principes. Nous pouvons noter d’ailleurs que le nom de ce groupe pharmaceutique est né de la fusion de deux labos, Astra (Angleterre, championne de la vaccination) et Zeneca (Suède, qui s’est dis­tinguée de l’ensemble de la planète par sa gestion zen de la crise sanitaire).

Spéculation : Dans le rêve, je comprends qu’il s’agit de l’hormone masculin et l’hormone féminin)

Message reçu ! Mais il y a encore une confusion des genres par la double faute d’accord qui fait qu’Alice voit vraiment l’injection comme une hormone essentiellement masculine.

Reprise dialogue : Moi je lui réponds :

– Vous en pensez quoi de la vaccination ? 

– Je n’y connais rien ; je mets juste des piqûres, me dit-elle.

– Ah !? Sans savoir ce que vous injectez ??

Néanmoins, on ne change pas une mère inquiète, et son naturel reprend le pas. Au travers de la professionnelle grise, elle s’adresse à l’humaine, à son ressenti, tout en évitant de nommer l’innommable : la covid et son cortège de parano et de restrictions. Aucune réaction de la femme robot : elle n’a pas d’opinion et elle fait ce qu’on lui dit de faire, sans réfléchir, sans conscience de ce qu’elle inocule ni de la notion de libre-arbitre. La formu­lation de la grisonnante est spécieuse : elle “met” des piqûres comme elle mettrait des baffes : tant qu’on l’emploie, la dirige et la paye, elle n’est pas là pour réfléchir mais pour obéir à l’autorité (expérience de Milgram) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Expérience_de_Milgram

Réaction 2 : Je sens la colère monter en moi :

Ces œillères et ce manque de recul ont le don d’escagasser fortement la mère humaine, celle qui est à mille lieues de la femme soldat, mais bien dans l’expression de sa nature profonde et de ses émotions.

Reprise dialogue : « Si c’était aussi grave qu’on nous le dit, il y aurait ¼ de la population qui serait mort. »

Ici, il est difficile de décontextualiser l’opinion de la rêveuse de la situa­tion de crise actuelle et nous serions vraiment tentés de coller au texte au premier degré en nous référant à nos opinions/projections. Si, néanmoins, nous prenons du recul, c’est le propre recul de la rêveuse qui apparaît ; malgré le climat de peur et de culpabilité diffusé depuis début 2020, Alice garde son quant-à-soi. Sans se laisser influencer ou conditionner, elle observe la situ­ation et réfléchit pour se faire sa propre opinion. Malgré la pression extéri­eure, elle est capable de relativiser et de ne pas se laisser happer par l’uni­formité de la pensée poltronne, la pensé bienséante imposée. Ainsi, c’est à elle-même qu’elle s’adresse quand elle réfléchit sur l’expansion du virus.

Maintenant, si nous tenons compte de la valeur symbolique de la piqûre – l’expression d’un masculin perçu comme offensif, mais bénéfique – il est pos­sible que le virus symbolise son opposé, ce que ce vaccin onirique prétend com­battre : un féminin négatif vu comme un virus. Ainsi, il pourrait s’agir d’un phénomène actuel faisant peur aux hommes : l’expansion de la femme dans la revendication de sa place et dans le féminisme, pas dans sa justes­se, mais dans ses dérives, sa virulence et ses excès. Dans cette ex­pan­sion féminine contemporaine, nous pouvons inclure la prépondérance de la place de la mère et de son influence sur l’enfant face aux pères démission­naires.

Symboliquement et psychologiquement, l’énergie féminine est l’énergie fondamentale. Naturellement, elle tend à l’expansion, si elle n’est pas canalisée. Cette énergie est extrêmement puissante et a donc besoin d’être contenue et canalisée pour ne pas se perdre, comme elle peut tendre à l’inertie ou devenir destruc­tive par submer­sion. Toujours symboliquement, c’est le masculin qui est le contenant et le canalisa­teur de l’énergie féminine. En bonne intelligence, il en est même l’utilisa­teur, les deux pôles étant parfaitement complémentaires et nécessaires l’un à l’autre. Il n’est donc pas question de contrôler cette énergie, de l’écraser ni d’en abuser, mais de l’accueillir et de la laisser circuler utilement et dans un équilibre harmonieux. Cela implique puissance et force aussi chez l’homme.

Dans ce rêve, il n’y a guère d’éléments masculins hormis la voix insidieuse du Surmoi haut-parleur et la présence du fils qui apparaît comme au seuil de la masculinité, cherchant à sortir du matriarcat. Nous pouvons donc déduire que ce fils n’a pas eu de modèle masculin fiable autour de lui – le père ne jouant pas alors son rôle de tiers séparateur – et qu’il doive faire référence à des idées extérieures du masculin, voire artificielles, pour se défendre de la contamination féminine et de l’engluement maternel (le système immunitaire peut être vu comme l’armée de soldats qui protège notre corps des invasions-infections). Si c’est le cas, nous serions donc aujourd’hui dans une société qui a perdu les valeurs et la puissance du masculin et donc, sa capacité à se défendre et à protéger, devant avoir recours à des adjuvants pour stimuler la testostérone. Le modèle masculin paternel, défectueux, ne permettrait pas au garçon de se construire psychiquement en guerrier courageux et protecteur.

La contextualisation du rêve, celle du ressenti profond de la rêveuse, montre que la plus grande présence du masculin semble être celle de l’autorité sanitaire et des fabri­cants de vaccins. En effet, le pouvoir alarmiste et contrôlant est celui des hommes d’aujourd’hui qui peuvent apparaître comme des robots désincarnés. Dans l’ensemble, toutes les décisions de gestion de la crise actuelle, dite sanitaire, sont prises par les hommes et elles ne leur font pas honneur ; se terrer ou se soumettre à la piqûre. Tout est disproportionné et contre-nature comme le pense Alice dans son rêve. Il est donc bien possible que la peur du virus soit un déplacement de la peur des hommes face à la montée en puissance “invasive” et contagieuse des femmes[1].

Cependant, le virus pourrait être vu comme la pensée de certains déci­deurs actuels, mal construits dans leur psychisme, un profil d’hommes qui se serait plutôt identifié à la mère contrôlante, surprotectrice ou castratrice (en raison de la démission du père). La pensée conforme et alarmiste distil­lée et imposée aujourd’hui serait le véritable virus qui fait perdre le discer­nement, la pensée de ceux qui sont emplis d’un féminin négatif, craintif et grégaire, ayant perdu la notion de courage et de vaillance. Si ces deux derniers aspects sont intrinsèques au masculin, l’homme devrait être prêt à se battre et à affronter le danger, pas à se terrer ni effrayer, mais à rassurer par une véritable prise en charge physiologique et psychologique.

Certes, la réflexion de la rêveuse n’est pas fausse ; cette prégnance actu­elle de l’influence et de la puissance féminines n’est pas si terrible que ça et vraiment pas mortelle ; pourquoi en avoir peur ? Pourtant, c’est elle-même qui met en scène ces interrogations paradoxales, deux désirs contradictoi­res : la crainte du masculin et l’inquiétude quant à l’expansion du féminin.

Si nous pouvons constater que l’identité masculine est aujourd’hui bien remise en cause et que les hommes se cherchent face à eux-mêmes et face aux femmes, il subsiste chez ces dernières une méfiance de l’homme, du patriarcat et de ses abus d’autrefois tout autant qu’elles sont désireuses de la puissance masculine juste. Il est difficile pour chacun de se positionner. Or, la toute-puissance autoritariste du corps médical ne semble pas juste et ravive chez la rêveuse sa confrontation à l’homme abusif, violent et autori­tariste, celui qui a distillé la peur et la culpabilité chez elle.

Réflexion 4 : Je m’interroge sur les conséquences du vaccin sur Axel car je suis inquiète des séquelles dans son corps.

La construction narrative du rêve montre bien qu’Alice n’est pas une femme d’action mais bien une femme de réflexion. Cela induit, nous nous en doutions, un déficit de sa composante masculine, son animus. Elle pourrait même trop cogiter ou ratiociner, voire même ruminer. Mais le temps n’est plus aux regrets : Alea jacta est ! Les dès sont jetés et le fiston va devenir un homme.

Observation 4 : Je regarde l’horloge au mur.

Eh oui ! Il suit son horloge biologique et sera bientôt un homme mûr.

Constat 3 : Il est 15h40.

Ici, l’heure peut être le temps estimé de la gloire de l’homme, entre 15 et 40 ans, le guerrier, avant qu’il ne devienne sage, l’âge d’Alice devenue mère et sage après 40 ans (en acceptant la transformation de son fils en homme). 

Réflexion finale : Je me dis qu’il est bientôt 16h00 et me demande si ça vaut le coup d’aller à la piscine, vu l’heure.

Alice se dit que, dorénavant, ses heures lui sont comptées ; le temps passe et se raccourcit pour la femme. C’est le moment des choix impor­tants ; elle ne va pas rester dans le même bain que son fils alors qu’elle  a pu s’y sentir comme un poisson dans l’eau, dans son rôle de mère (piscine du latin piscis « poisson »). La femme vacante pourrait se réconcilier avec le masculin et, enfin, trouver chaussure à son pied, un homme en phase avec le féminin et sans peur de celui-ci. Il n’est pas trop tard.

D’un autre point de vue, comme déjà évoqué, la piscine symbolise un domaine spirituel et c’est, apparemment, une dimension importante de la rêveuse. Si l’entrée pour elle dans ce domaine s’est faite de façon tardive, là aussi, il n’est trop tard et l’intégration de son masculin lui permettrait d’affirmer cette dimension en elle qui semble importante, vu la taille du bâtiment. Il serait dommage qu’elle ne plonge pas dans cette eau de piscine, comme pour un baptême, celui de sa renaissance.

Conclusion – point de vue

L’interprétation proposée ici est, bien évidemment, une hypothèse de travail, mais ce point de vue est étayé principalement par la valence symbo­lique de la piqure, que j’ai définie dans mon dictionnaire bien longtemps avant la crise actuelle. Ce climat renvoie la rêveuse à ses angoisses les plus anciennes et profondes ainsi que chaque lecteur. Ce rêve est donc assez universel dans sa théma­tique et aborde un sujet très actuel mais aussi intemporel et collectif, celui de la place de la femme et de l’homme, de la difficulté à trouver celle-ci et à s’entendre l’une avec l’autre en équité et en harmonie. Ce rêve pointe aussi la difficulté pour une femme à vivre cet état, l’essence de la féminité, sensuelle ou spirituelle, sans se laisser submerger par sa fonction de mère.

Il est possible que ce soit au même âge que son fils, à la veille de ses 16 ans, que le « à quoi bon », se soit installé chez Alice : à quoi bon devenir fem­me ; cela vaut-il vraiment le coup de se connecter avec ses désirs, de s’im­merger dedans et de s’opposer au dictat masculin ? Ainsi, comme chez son fils, il est possible que, pour Alice, le modèle du père ait été défec­tueux ou trop violent et l’ait bloquée dans le développement de son pôle masculin, ainsi que dans sa relation à elle-même et à l’homme. Cela ne l’aurait autori­sée qu’à des relations en répétition de schémas éculés et névrotiques. C’est tout ce qu’elle remet en cause aujourd’hui et, là, ça vaut vraiment le coup.

  1 ) De tous temps, beaucoup d’hommes ont eu peur de la puissance féminine et du désir féminin, diabolisant la femme et voulant enfermer ou restreindre celle-ci par peur des sorcières.

Commentaires d’Alice sur l’analyse de son rêve

– Mon fils devient un homme et j’ai très peur qu’il devienne violent comme son père. Il est possible que le lien avec mon fils se transforme quand il sera un homme.

J’ai une mauvaise image de l’homme suite à la relation autoritaire avec mon père et mon ex-mari « terroriste ».

En plus d’être critiques et donneurs d’ordres, les hommes se sont imposés dans ma vie avec agressivité. La réalité exprimée dans mon rêve est en miroir avec l’autorité abusive que j’ai subie par les hommes (la vaccination de masse décidée par quelques hommes et imposées par la contrainte).

– J’ai une grande dimension spirituelle mais mon formatage familial (conformité) et le masculin abusif me bloquent dans son expression 

– Je pense que la racine de mon mal-être actuel vient de mes 16 ans quand j’ai renoncé à exprimer mes désirs puisqu’ils n’ont pas été pris en compte.

J’ai été impressionnée par votre décorticage de AstraZeneca. Je le relie à mon histoire – j’ai envie de gérer l’éducation de mon fils de façon zen  –  et à son papa qui gère sous la contrainte.


Comme je l’ai déjà fait auparavant, je vous propose une analyse-interprétation d’un rêve qui a été vu et travaillé en groupe lors des ateliers E.V.E.R que j’anime, le premier de cette année. C’est une démonstration de l’observation méthodique du langage du rêve permettant de produire une interprétation parlante. C’est en raison du thème que je vous propose ce rêve à la lecture, en plein dans l’actualité. L’analyse-interprétation que j’ai faite se fonde principalement sur le texte, avec très peu d’associations de la rêveuse. C’est d’abord une analyse, donc les développements sont très longs, mais ils pourraient l’être davantage, l’observation de la structure du langage du rêve révélant nombres d’aspects importants de la psyché de chaque rêveur.

Comme chaque interprétation que j’élabore, je la fais en suivant la découpe syntaxique du texte du rêve. Voici ce rêve :

Rêve d’Alice du 28/08/2021 : Le choix du vaccin

Je suis en vacances avec Axel (mon fils ; il a son âge actuel, 15 ans). On se prépare pour aller à la piscine. Nous sommes dans un bâtiment dans le hall, spacieux avec plafond bas, intérieur bois marron claire, chaleureux, avec de la lumière naturelle extérieure. J’ai un maillot de bain blanc et je vois que mes règles sont arrivées.

Axel me dit : « Je vais me faire vacciner. »

Je me dis qu’il est grand et que je ne vais pas m’opposer à sa décision ; je le laisse faire ce qu’il a décidé.

On se dirige vers l’infirmerie et on croise la femme du labo qui nous a fait des tests antigéniques dans la réalité.

Axel lui dit : « Ce n’est pas pour un test. »

Je me dis : chouette, elle est douce et ne lui fera pas trop mal.

Mais c’est une autre femme qui va faire la piqûre.Je laisse Axel aller voir cette femme de 50-60 ans qui a les cheveux et visage gris claire (cheveux et visage de la même couleur ; on ne voit pas trop le passage visage cheveux). Elle le pique sur l’épaule droite. Je suis à 6-7m. Axel a mal et gémit de douleur. Je le prends dans mes bras et lui masse le dos. Je me dis : ça y est, ce produit est dans son corps. Je dois lui faire des soins énergétiques pour augmenter son taux vibratoire pour qu’il supporte bien la piqûre. J’entends comme une voix venant d’un haut parleur : « Axel a une fragilité au niveau de l’enveloppement maternel ».

Je demande à la femme « grise » qu’elle est le vaccin et je vois AstraZeneca. Elle me dit : « Ce vaccin a un effet androgène et œstrogène. » (Je ne me rappelle pas les deux mots exacts. Dans le rêve, je comprends qu’il s’agit de l’hormone masculin et l’hormone féminin). Moi je lui réponds :

– Vous en pensez quoi de la vaccination ?

– Je n’y connais rien ; je mets juste des piqûres, me dit-elle.

– Ah !? Sans savoir ce que vous injectez ?? (Je sens la colère monter en moi.) Si c’était aussi grave qu’on nous le dit, il y aurait ¼ de la population qui serait mort.

Je m’interroge sur les conséquences du vaccin sur Axel car je suis inquiète des séquelles dans son corps. Je regarde l’horloge au mur. Il est 15h40. Je me dis : il est bientôt 16h00 et me demande si ça vaut le coup d’aller à la piscine vu l’heure.

Atelier du 19 septembre 2021

Analyse et interprétation du rêve d’Alice au travers du découpage syntaxique

Préambule

Voici un rêve très contextualisé par son actualité. Il retient l’attention tout de suite par la cristallisation des peurs qu’il contient ainsi que par les interrogations et les opinions auxquelles il renvoie ; elles sont le reflet de la pensée actuelle mondiale. La tentation pourrait être forte de le prendre au premier degré, ce qu’il ne faut jamais faire avec un rêve ; il travestit toujours le fond exprimé (le contenu latent) tout en étant en écho avec le propos (le contenu manifeste) par l’intensité des émotions qu’il exprime et véhicule.

EXPOSITION 1 : Je suis en vacances avec Axel (mon fils ; il a son âge actuel, 15 ans).

Si Alice se ressent comme libre (elle est vacante), elle pourrait former encore un couple avec son fils. Or, ce dernier a 15 ans, son âge réel actuel, et, à cet âge, un adolescent est plutôt en phase de rejet/opposition à ses parents. Lui aussi serait en état de vacances, deux solitudes qui se soutiennent ou se tolèrent.

Intention : On se prépare pour aller à la piscine.

L’intention est pourtant de se nettoyer en s’immergeant dans cette problématique dans laquelle ils baignent. Sur un plan plus symbolique, la piscine symbolise un domaine spirituel ou le bassin de la mère universelle.

Reprise EXPOSITION 1 : Nous sommes dans un bâtiment, dans le hall, spacieux avec plafond bas, intérieur bois marron claire, chaleureux, avec de la lumière naturelle extérieure.

Si nous nous fions au décor, cette dimension spirituelle est plutôt bien cadrée, chaleureuse, mais restreinte par un plafond dans son élévation.

Le plus souvent, les bâtiments que nous visualisons en rêve représentent notre construction intérieure, le moi psychique. S’il s’agit du psychisme de la rêveuse, celui-ci est plutôt vaste et bien structuré, accueillant, nature et lumineux aussi. Si le bois est un élément masculin – une structure qu’elle a développée – Alice lui donne une touche féminine avec la faute d’accord.

Observation : J’ai un maillot de bain blanc

Ici, nous pourrions dire qu’elle revendique même cette féminité et l’expri­me par le port du maillot. La blancheur de celui-ci pourrait bien confirmer qu’elle est vacante depuis quelque temps et qu’elle s’est refait une virginité.

Constat 1 : et je vois que mes règles sont arrivées.

Oui, Alice est bien une femme et l’exprime. La tournure de la phrase peut laisser songer qu’elle attendait cette expression de féminité, qu’elle n’avait jamais vraiment été femme ou qu’elle ne l’était plus depuis sa maternité.

Déclaration : Axel me dit : « Je vais me faire vacciner. »

L’enchaînement des deux phrases est une parataxe (causalité émotionnelle sous-jacente entre les deux assertions), donc une réaction émotionnelle du fils-homme face à sa mère, un rejet.

Dans un premier temps, nous pourrions donc penser que le fils veut se prémunir contre cette féminité, qu’il ne veut pas qu’elle provoque chez lui la maladie d’amour ; 15 ans, c’est un peu tard pour un œdipe. 

Dans un second temps, il est possible que cette décision fasse référence à la valeur symbolique de la piqûre ; celle-ci représente l’action masculine pénétrante, celle qui injecte des principes masculins bénéfiques, même si l’action est perçue comme intrusive et exogène à la nature première humaine (dans le ventre de la mère, le fœtus se développe d’abord comme une fille. Ce n’est qu’à partir de la sixième semaine que les gènes Y masculins vont devenir actifs et modifier le développement de l’enfant). Ainsi, voyant sa mère (re)devenir femme, Axel chercherait à devenir homme, voulant être, lui aussi, régi par des règles, mais masculines.

Réflexion 1 : Je me dis qu’il est grand et que je ne vais pas m’opposer à sa décision ; je le laisse faire ce qu’il a décidé.

Oui, il est grand et, à 15 ans, les hormones sont en effervescence ; la testostérone bat son plein et commence, normalement, à couler à flot. Nous pouvons noter la bienveillance tolérante de la mère qui ne s’oppose pas à l’émancipation de son fils ni à l’expression de sa nature, même si cette transformation peut être perçue comme contre-nature, ainsi que la rêveuse la ressent ensuite.

NARRATION 1 : On se dirige vers l’infirmerie et on croise la femme du labo qui nous a fait des tests antigéniques dans la réalité.

Heureusement, c’est une femme qui va officier, peut-être même est-ce une projection d’Alice elle-même, celle qui était anti gènes masculins, autrefois.

Déclaration 2 : Axel lui dit : « Ce n’est pas pour un test. »

Notre jeune homme est bien déterminé ; ce n’est pas juste pour essayer ; il veut vraiment se transformer en homme, le devenir et le rester.

Réflexion 2 : Je me dis : chouette, elle est douce et ne lui fera pas trop mal.

Oui, il est bien probable que ce soit une facette de la douce Alice, celle qui n’a pas voulu le faire trop mâle, le fiston.

Constat 2 : Mais c’est une autre femme qui va faire la piqûre.

Fausse joie… Décidemment, Alice ne contrôle plus rien.

Retrait : Je laisse Axel aller voir cette femme

Une nouvelle fois, nous pouvons apprécier la souplesse mentale de la rêveuse qui accepte, bon gré, mal gré, l’impondérable. Nous pouvons aussi entendre, si nous décontextualisons cette phrase, que la mère accepte qu’Axel puisse aller voir une femme et, peut-être même, l’aimer.

Observation 2 : de 50-60 ans qui a les cheveux et visage gris claire (cheveux et visage de la même couleur ; on ne voit pas trop le passage visage cheveux).

Bon, ce ne sera pas celle-ci qui envoutera l’ado, mais est-ce une intello dont la matière grise déborde du crâne, une mentale désaffectée ? Par analogie, Alice voit la grisaille de la figure de sa mère – femme de cette tranche d’âge – fonctionnaire et fonctionnelle, bien désaffectée, qui n’exprimait que peu d’attention maternelle ni aucun désir personnel. Cependant, Alice ne lui ôte pas son identité féminine par l’accord au féminin de claire qui se rapporte pourtant à deux éléments masculins, le visage et les cheveux, et en contrecarrant la règle des adjectifs de couleur composés, invariables. C’est clair. Mais qui est Claire ?

RÉSOLUTION 1 : Elle le pique sur l’épaule droite.

Et voilà ; le mâle est fait ! De façon très réaliste, l’injection est faite sur l’épaule droite, le côté masculin. Le produit va-t-il augmenter la carrure de l’ado et permettre ensuite à la mère de s’appuyer sur l’épaule de son fils ?

EXPOSITION 2 : Je suis à 6-7m.

Alice se tient à bonne distance de la scène, sans doute trop empathique comme le serait une mère qui souffre de voir son petit enfant de 6/7 ans se faire piquer. Le lieu est vaste et permet ce recul. Il est curieux de noter que ce lieu, initialement un bâtiment abritant une piscine, se soit transformé en vaccinodrome avec le personnel idoine. Il est vrai qu’en temps de crise, certains lieux publics assez vastes peuvent être désaffectés et assignés à d’autres fonctions. Ce serait donc bien une crise que traverse le couple mère/fils, mais Alice semble adaptable et, donc, capable de se transformer.

 Réaction 1 : Axel a mal et gémit de douleur.

La puberté et son action physiologique peuvent produire un certain malaise psychologique. On se sent souvent mal dans sa peau à l’adolescence. C’est ce que perçoit sans doute Alice. Il pourrait s’agir aussi d’une réminis­cence, la peur d’être « piquée » de quelqu’un, des blessures d’amour, d’avoir quelqu’un dans la peau et d’en souffrir, comme d’être confrontée à la violence de l’autre, le ou la partenaire. 

NARRATION 2 – Réaction 2 : Je le prends dans mes bras et lui masse le dos.

Nous n’avons aucun doute sur l’attention maternelle bienveillante et aimante de la mère pour le fils. Le massage dorsal pourrait correspondre à une action de dénouement du passé de l’enfant, toutes les tensions qu’il aurait pu accumuler. Elle prépare les épaules de l’homme.

Réflexion 3 : Je me dis : ça y est, ce produit est dans son corps. Je dois lui faire des soins énergétiques pour augmenter son taux vibratoire pour qu’il supporte bien la piqûre.

Ici, nous pouvons entendre deux intentions : tout d’abord, l’acceptation de la montée de testostérone chez son fils et l’accompagnement dans ce sens. Ensuite, semble poindre une inquiétude quant aux conséquences, irré­versibles, de cette mutation due à un agent exogène. L’homme en gestation va-t-il perdre sa nature d’ange et sa connexion avec son pôle féminin, devenant alors trop agressif ou bien, va-t-il devenir un disciple des piqûres, plutôt que d’Epicure qui prône, avant tout, l’évitement de la douleur ?

Observation 3 : J’entends comme une voix (masculine) venant d’un haut parleur :

Est-ce la voix de Dieu qu’entend maintenant la femme, le verbe du père haut dans le ciel ? Ou bien, est-ce son masculin qui s’exprime à l’intérieur d’elle, par mimétisme avec le fils ? 

Annonce : « Axel a une fragilité au niveau de l’enveloppement maternel ».

Ce serait plutôt la voix de son Surmoi qui viendrait stigmatiser son fond de culpabilité et lui reprocher de ne pas être assez enveloppante alors que l’intention d’Alice est de ne plus être castratrice. Néanmoins, le message est ambigu car nous pourrions entendre aussi qu’elle a pu fragiliser son garçon en étant trop enveloppante.

Questionnement : Je demande à la femme « grise » qu’elle est le vaccin

Peut-être est-ce Alice qui est grisée, au vu de la faute de pronom relatif ? Nous pouvons entendre qu’Alice se demande si la femme grise ne pourrait pas être le vaccin. Dans ce cas, elle doit faire un peu camionneur la piqueuse.

Par cette question : « quel est le vaccin ? », nous allons enfin avoir la confirmation que, ce que nous pressentions fortement, nous sommes dans un thème très actuel : la prévention de la covid.

Observation 4 : et je vois AstraZeneca.

Bingo ! Même si AstraZeneca ne produit pas que ce vaccin, cette marque en est presque devenu le symbole tout autant que ce labo stigmatise la crainte des vaccins par ses effets indésirables, voire mortels. Nous compre­nons donc l’inquiétude d’Alice quand, dans son inconscient, testostérone et injection vaccinale dangereuse sont confondues.

Dialogue – Information : Elle me dit : « Ce vaccin a un effet androgène et œstrogène ? » (je ne me rappelle pas les deux mots exacts.

Bon, a priori, l’équilibre féminin/masculin intérieur sera assuré, tout en faisant s’accroître ces deux principes. Nous pouvons noter d’ailleurs que le nom de ce groupe pharmaceutique est né de la fusion de deux labos, Astra (Angleterre, championne de la vaccination) et Zeneca (Suède, qui s’est dis­tinguée de l’ensemble de la planète par sa gestion zen de la crise sanitaire).

Spéculation : Dans le rêve, je comprends qu’il s’agit de l’hormone masculin et l’hormone féminin)

Message reçu ! Mais il y a encore une confusion des genres par la double faute d’accord qui fait qu’Alice voit vraiment l’injection comme une hormone essentiellement masculine.

Reprise dialogue : Moi je lui réponds :

– Vous en pensez quoi de la vaccination ? 

– Je n’y connais rien ; je mets juste des piqûres, me dit-elle.

– Ah !? Sans savoir ce que vous injectez ??

Néanmoins, on ne change pas une mère inquiète, et son naturel reprend le pas. Au travers de la professionnelle grise, elle s’adresse à l’humaine, à son ressenti, tout en évitant de nommer l’innommable : la covid et son cortège de parano et de restrictions. Aucune réaction de la femme robot : elle n’a pas d’opinion et elle fait ce qu’on lui dit de faire, sans réfléchir, sans conscience de ce qu’elle inocule ni de la notion de libre-arbitre. La formu­lation de la grisonnante est spécieuse : elle “met” des piqûres comme elle mettrait des baffes : tant qu’on l’emploie, la dirige et la paye, elle n’est pas là pour réfléchir mais pour obéir à l’autorité (expérience de Milgram) :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Expérience_de_Milgram

Réaction 2 : Je sens la colère monter en moi :

Ces œillères et ce manque de recul ont le don d’escagasser fortement la mère humaine, celle qui est à mille lieues de la femme soldat, mais bien dans l’expression de sa nature profonde et de ses émotions.

Reprise dialogue : « Si c’était aussi grave qu’on nous le dit, il y aurait ¼ de la population qui serait mort. »

Ici, il est difficile de décontextualiser l’opinion de la rêveuse de la situa­tion de crise actuelle et nous serions vraiment tentés de coller au texte au premier degré en nous référant à nos opinions/projections. Si, néanmoins, nous prenons du recul, c’est le propre recul de la rêveuse qui apparaît ; malgré le climat de peur et de culpabilité diffusé depuis début 2020, Alice garde son quant-à-soi. Sans se laisser influencer ou conditionner, elle observe la situ­ation et réfléchit pour se faire sa propre opinion. Malgré la pression extéri­eure, elle est capable de relativiser et de ne pas se laisser happer par l’uni­formité de la pensée poltronne, la pensé bienséante imposée. Ainsi, c’est à elle-même qu’elle s’adresse quand elle réfléchit sur l’expansion du virus.

Maintenant, si nous tenons compte de la valeur symbolique de la piqûre – l’expression d’un masculin perçu comme offensif, mais bénéfique – il est pos­sible que le virus symbolise son opposé, ce que ce vaccin onirique prétend com­battre : un féminin négatif vu comme un virus. Ainsi, il pourrait s’agir d’un phénomène actuel faisant peur aux hommes : l’expansion de la femme dans la revendication de sa place et dans le féminisme, pas dans sa justes­se, mais dans ses dérives, sa virulence et ses excès. Dans cette ex­pan­sion féminine contemporaine, nous pouvons inclure la prépondérance de la place de la mère et de son influence sur l’enfant face aux pères démission­naires.

Symboliquement et psychologiquement, l’énergie féminine est l’énergie fondamentale. Naturellement, elle tend à l’expansion, si elle n’est pas canalisée. Cette énergie est extrêmement puissante et a donc besoin d’être contenue et canalisée pour ne pas se perdre, comme elle peut tendre à l’inertie ou devenir destruc­tive par submer­sion. Toujours symboliquement, c’est le masculin qui est le contenant et le canalisa­teur de l’énergie féminine. En bonne intelligence, il en est même l’utilisa­teur, les deux pôles étant parfaitement complémentaires et nécessaires l’un à l’autre. Il n’est donc pas question de contrôler cette énergie, de l’écraser ni d’en abuser, mais de l’accueillir et de la laisser circuler utilement et dans un équilibre harmonieux. Cela implique puissance et force aussi chez l’homme.

Dans ce rêve, il n’y a guère d’éléments masculins hormis la voix insidieuse du Surmoi haut-parleur et la présence du fils qui apparaît comme au seuil de la masculinité, cherchant à sortir du matriarcat. Nous pouvons donc déduire que ce fils n’a pas eu de modèle masculin fiable autour de lui – le père ne jouant pas alors son rôle de tiers séparateur – et qu’il doive faire référence à des idées extérieures du masculin, voire artificielles, pour se défendre de la contamination féminine et de l’engluement maternel (le système immunitaire peut être vu comme l’armée de soldats qui protège notre corps des invasions-infections). Si c’est le cas, nous serions donc aujourd’hui dans une société qui a perdu les valeurs et la puissance du masculin et donc, sa capacité à se défendre et à protéger, devant avoir recours à des adjuvants pour stimuler la testostérone. Le modèle masculin paternel, défectueux, ne permettrait pas au garçon de se construire psychiquement en guerrier courageux et protecteur.

La contextualisation du rêve, celle du ressenti profond de la rêveuse, montre que la plus grande présence du masculin semble être celle de l’autorité sanitaire et des fabri­cants de vaccins. En effet, le pouvoir alarmiste et contrôlant est celui des hommes d’aujourd’hui qui peuvent apparaître comme des robots désincarnés. Dans l’ensemble, toutes les décisions de gestion de la crise actuelle, dite sanitaire, sont prises par les hommes et elles ne leur font pas honneur ; se terrer ou se soumettre à la piqûre. Tout est disproportionné et contre-nature comme le pense Alice dans son rêve. Il est donc bien possible que la peur du virus soit un déplacement de la peur des hommes face à la montée en puissance “invasive” et contagieuse des femmes[1].

Cependant, le virus pourrait être vu comme la pensée de certains déci­deurs actuels, mal construits dans leur psychisme, un profil d’hommes qui se serait plutôt identifié à la mère contrôlante, surprotectrice ou castratrice (en raison de la démission du père). La pensée conforme et alarmiste distil­lée et imposée aujourd’hui serait le véritable virus qui fait perdre le discer­nement, la pensée de ceux qui sont emplis d’un féminin négatif, craintif et grégaire, ayant perdu la notion de courage et de vaillance. Si ces deux derniers aspects sont intrinsèques au masculin, l’homme devrait être prêt à se battre et à affronter le danger, pas à se terrer ni effrayer, mais à rassurer par une véritable prise en charge physiologique et psychologique.

Certes, la réflexion de la rêveuse n’est pas fausse ; cette prégnance actu­elle de l’influence et de la puissance féminines n’est pas si terrible que ça et vraiment pas mortelle ; pourquoi en avoir peur ? Pourtant, c’est elle-même qui met en scène ces interrogations paradoxales, deux désirs contradictoi­res : la crainte du masculin et l’inquiétude quant à l’expansion du féminin.

Si nous pouvons constater que l’identité masculine est aujourd’hui bien remise en cause et que les hommes se cherchent face à eux-mêmes et face aux femmes, il subsiste chez ces dernières une méfiance de l’homme, du patriarcat et de ses abus d’autrefois tout autant qu’elles sont désireuses de la puissance masculine juste. Il est difficile pour chacun de se positionner. Or, la toute-puissance autoritariste du corps médical ne semble pas juste et ravive chez la rêveuse sa confrontation à l’homme abusif, violent et autori­tariste, celui qui a distillé la peur et la culpabilité chez elle.

Réflexion 4 : Je m’interroge sur les conséquences du vaccin sur Axel car je suis inquiète des séquelles dans son corps.

La construction narrative du rêve montre bien qu’Alice n’est pas une femme d’action mais bien une femme de réflexion. Cela induit, nous nous en doutions, un déficit de sa composante masculine, son animus. Elle pourrait même trop cogiter ou ratiociner, voire même ruminer. Mais le temps n’est plus aux regrets : Alea jacta est ! Les dès sont jetés et le fiston va devenir un homme.

Observation 4 : Je regarde l’horloge au mur.

Eh oui ! Il suit son horloge biologique et sera bientôt un homme mûr.

Constat 3 : Il est 15h40.

Ici, l’heure peut être le temps estimé de la gloire de l’homme, entre 15 et 40 ans, le guerrier, avant qu’il ne devienne sage, l’âge d’Alice devenue mère et sage après 40 ans (en acceptant la transformation de son fils en homme). 

Réflexion finale : Je me dis qu’il est bientôt 16h00 et me demande si ça vaut le coup d’aller à la piscine, vu l’heure.

Alice se dit que, dorénavant, ses heures lui sont comptées ; le temps passe et se raccourcit pour la femme. C’est le moment des choix impor­tants ; elle ne va pas rester dans le même bain que son fils alors qu’elle  a pu s’y sentir comme un poisson dans l’eau, dans son rôle de mère (piscine du latin piscis « poisson »). La femme vacante pourrait se réconcilier avec le masculin et, enfin, trouver chaussure à son pied, un homme en phase avec le féminin et sans peur de celui-ci. Il n’est pas trop tard.

D’un autre point de vue, comme déjà évoqué, la piscine symbolise un domaine spirituel et c’est, apparemment, une dimension importante de la rêveuse. Si l’entrée pour elle dans ce domaine s’est faite de façon tardive, là aussi, il n’est trop tard et l’intégration de son masculin lui permettrait d’affirmer cette dimension en elle qui semble importante, vu la taille du bâtiment. Il serait dommage qu’elle ne plonge pas dans cette eau de piscine, comme pour un baptême, celui de sa renaissance.

Conclusion – point de vue

L’interprétation proposée ici est, bien évidemment, une hypothèse de travail, mais ce point de vue est étayé principalement par la valence symbo­lique de la piqure, que j’ai définie dans mon dictionnaire bien longtemps avant la crise actuelle. Ce climat renvoie la rêveuse à ses angoisses les plus anciennes et profondes ainsi que chaque lecteur. Ce rêve est donc assez universel dans sa théma­tique et aborde un sujet très actuel mais aussi intemporel et collectif, celui de la place de la femme et de l’homme, de la difficulté à trouver celle-ci et à s’entendre l’une avec l’autre en équité et en harmonie. Ce rêve pointe aussi la difficulté pour une femme à vivre cet état, l’essence de la féminité, sensuelle ou spirituelle, sans se laisser submerger par sa fonction de mère.

Il est possible que ce soit au même âge que son fils, à la veille de ses 16 ans, que le « à quoi bon », se soit installé chez Alice : à quoi bon devenir fem­me ; cela vaut-il vraiment le coup de se connecter avec ses désirs, de s’im­merger dedans et de s’opposer au dictat masculin ? Ainsi, comme chez son fils, il est possible que, pour Alice, le modèle du père ait été défec­tueux ou trop violent et l’ait bloquée dans le développement de son pôle masculin, ainsi que dans sa relation à elle-même et à l’homme. Cela ne l’aurait autori­sée qu’à des relations en répétition de schémas éculés et névrotiques. C’est tout ce qu’elle remet en cause aujourd’hui et, là, ça vaut vraiment le coup.

  1 ) De tous temps, beaucoup d’hommes ont eu peur de la puissance féminine et du désir féminin, diabolisant la femme et voulant enfermer ou restreindre celle-ci par peur des sorcières.

Commentaires d’Alice sur l’analyse de son rêve

– Mon fils devient un homme et j’ai très peur qu’il devienne violent comme son père. Il est possible que le lien avec mon fils se transforme quand il sera un homme.

J’ai une mauvaise image de l’homme suite à la relation autoritaire avec mon père et mon ex-mari « terroriste ».

En plus d’être critiques et donneurs d’ordres, les hommes se sont imposés dans ma vie avec agressivité. La réalité exprimée dans mon rêve est en miroir avec l’autorité abusive que j’ai subie par les hommes (la vaccination de masse décidée par quelques hommes et imposées par la contrainte).

– J’ai une grande dimension spirituelle mais mon formatage familial (conformité) et le masculin abusif me bloquent dans son expression 

– Je pense que la racine de mon mal-être actuel vient de mes 16 ans quand j’ai renoncé à exprimer mes désirs puisqu’ils n’ont pas été pris en compte.

J’ai été impressionnée par votre décorticage de AstraZeneca. Je le relie à mon histoire – j’ai envie de gérer l’éducation de mon fils de façon zen  –  et à son papa qui gère sous la contrainte.


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